Deux étudiantes récompensées

Talents Article publié le 05 juin 2026 , mis à jour le 16 juin 2026

Adèle Paumard et Noémie Irlondi ont reçu un Prix au Congrès Junior Pluridisciplinaire. 

 

 

Comment protéger les œuvres de l’esprit à l’heure de l’intelligence artificielle générative ? C’est la question qu’ont choisi d’explorer Adèle Paumard et Noémie Irlondi dans le cadre d’un projet de recherche présenté au Congrès Junior Pluridisciplinaire de l’ENS Paris-Saclay. Leur projet, consacré à la protection du droit d’auteur face au web scraping de l’intelligence artificielle, a retenu l’attention du jury par la qualité de son analyse et de sa présentation et a reçu le prix
« Sélection du comité pour sa présentation orale » lors de la 5ᵉ édition du Congrès Junior Pluridisciplinaire de l’ENS Paris-Saclay.

À travers leur étude intitulée « La protection du droit d’auteur face au web scraping de l’intelligence artificielle », les deux étudiantes se sont penchées sur les défis juridiques soulevés par la collecte massive de données utilisée pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle. 

Dans cette interview, elles reviennent sur leur sujet de recherche, leur expérience du Congrès, le rôle des enseignants qui les ont accompagnées et les conseils qu’elles souhaitent transmettre aux étudiants désireux de se lancer dans un projet de recherche.

Vous venez de recevoir un prix pour votre projet « La protection du droit d’auteur face au web scraping de l’intelligence artificielle ». Pouvez-vous l’expliquer en quelques mots ?

Adèle Paumard : "Le web scraping désigne la technique de moissonnage avec laquelle l’intelligence artificielle fonctionne. Elle permet de collecter massivement des données accessibles publiquement. Mais l’IA ne distingue pas les données libres de droit de celles protégées par le droit d’auteur. Mieux identifier ses sources permettrait de mieux protéger le droit d’auteur. Notre sujet traite donc des enjeux que le web scraping soulève aujourd’hui, et comment les différents systèmes juridiques tentent d’y apporter des solutions."

Noémie Irlondi : "Ces dernières se multiplient en Europe. Entre le règlement IA Act adopté par le Parlement européen en 2024, un nouvel article introduit dans le Code pénal italien en 2025 et une proposition de loi adoptée par le Sénat français en 2026, le droit d’auteur est un sujet juridique actuel qui bouscule nos principes comme celui de la charge de la preuve. Néanmoins, notre problématique persiste en ce qu’adopter de nouvelles normes n’assure pas
systématiquement, en pratique, une réelle protection."

Comment avez-vous vécu votre participation au Congrès et comment avez-vous réagit lorsque votre projet a été récompensé ?

Adèle Paumard : "Participer à un Congrès d’une telle ampleur représente une magnifique opportunité. Pouvoir choisir librement son projet de recherche et l’exposer devant un public varié et intéressé, c’est une expérience qui ne peut être que positive. La première étape était d’être admise au Congrès. La période de candidature coïncidait avec des échéances importantes à la faculté, il fallait bien s’organiser. Le plus dur était de condenser un sujet aussi complexe en 5 minutes."

Noémie Irlondi : "Participer au Congrès Junior Pluridisciplinaire de l’Université Paris-Saclay a été une expérience très formatrice de mon côté. Ce n’est pas tous les jours que vous avez l’opportunité de vous adresser à des chercheurs reconnus et à un public aussi large ! Ce fût très enrichissant tant par le travail réalisé aux côtés de ma camarade que par notre découverte des sujets présentés par les autres participants. Le Congrès a été un véritable moment de partage et d’échanges."

Noémie Irlondi et Adèle Paumard : "Si nous avions participé pour sortir de notre zone de confort, l’annonce de notre prix a clôturé la journée en beauté. Nous sommes très heureuses et honorées d’avoir reçu une telle reconnaissance scientifique."

Quel a été le rôle des enseignants de la Faculté Jean Monnet qui vous ont accompagné dans l’élaboration de ce projet ?

Adèle Paumard : "Notre projet a été soutenu par Monsieur Guerric Meylan, responsable de l’UE “Atelier de recherche” du premier semestre de L3. Il nous a présenté le Congrès, et nous nous sommes rapidement manifestées pour pouvoir candidater. Personnellement, le droit d’auteur a été la raison pour laquelle j’ai commencé le droit. Les premiers cours sur le sujet étaient au deuxième semestre de L3 mais je voulais m’y pencher avant. Ensuite, en marge de mon mémoire, l’équipe pédagogique des cours magistraux “droit de la société numérique” m’a orienté vers différents ouvrages. Nous nous en sommes servies pour le Congrès. Ils ont été d’une immense bienveillance et nous les remercions."

Noémie Irlondi : "Monsieur Guerric Meylan nous a été d’un accompagnement de grande qualité. Il s’est montré disponible malgré nos emplois du temps respectifs, pédagogue dans ses remarques et, surtout, bienveillant tout le long de notre préparation. Sa présence le jour du Congrès nous a été d’un grand soutien."

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux étudiants qui envisagent de s’engager dans un projet de recherche ou de participer à ce type d’événement ?

Adèle Paumard : "Quand vous vous engagez dans un projet de recherche, vous choisissez le sujet qui vous intéresse le plus et vous êtes libres quant à votre travail. Ce sera forcément le meilleur partiel de vos années de droit ! Sa préparation permet de vous instruire sur un sujet qui vous passionne depuis toujours. Aussi, le Congrès a été conçu pour les étudiants et pour promouvoir la recherche, le cadre est donc forcément bienveillant. Il faut juste oser."

Noémie Irlondi : "S’engager dans un projet de recherche peut sembler impressionnant au premier abord. Une fois lancé, cette expérience se montre très instructive : apprendre n’est plus un devoir, il en devient un plaisir. Participer à un tel projet permet de consolider certaines de vos compétences telles que l’art oratoire, l’esprit de synthèse et la recherche. Cette expérience nous amène à nous surpasser en sortant de notre zone de confort. D’une certaine manière, vous en sortez grandis. N’y réfléchissez pas à deux fois et foncez !